02.06.2011
DSK et TSH
Le parti socialiste est décidément une bien curieuse planète. Il y a encore une quinzaine de jours, la victoire semblait acquise à DSK et tout le gotha PS appuyé par l’élite médiatique roulait pour le patron du FMI. Le tête à queue en Porshe fît cependant mauvais effet mais le tête à queue qui allait suivre dans une suite du Sofitel eût des conséquences bien plus définitives. Certains allant même jusqu’à évoquer un 11 septembre pour le PS.
Cela peut expliquer à défaut de justifier les prises de position pour le moins écoeurantes de certains hauts dirigeants socialistes qui dans un réflexe de défense de caste ont cherché à minimiser la portée des accusations portées contre DSK. La présomption d’innocence ne justifie en rien les propos d’un Lang expliquant qu’il n’y avait pas mort d’homme ou bien celle d’un Badinter ne comprenant pas que l’on traite ainsi un homme aussi important. Des gens prétendument de gauche ont semblé s’indigner qu’un blanc, puissant et riche puisse être inquiété pour le simple fait qu’une immigrée femme de ménage et noire porte des accusations de viol à son encontre. Un patron de journal proche de la famille DSK a même évoqué un troussage de domestique.
Finalement je pense que le peuple français en portant sans doute au sommet de l’état le dirigeant du FMI n’allait pas faire preuve de clairvoyance. Il a sans doute été victime du discours dominant ces dernières années, laissant entendre que seul DSK pouvait porter la gauche au pouvoir. Comme je le disais dans mon dernier article, cette éventualité me gênait de plus en plus tant j’avais dû mal à me reconnaître dans ce personnage incarnant la haute finance internationale et sans doute trop éloigné de nos réalités quotidiennes. J’étais davantage séduite par la méthode Hollande consistant depuis quelques mois à aller à la rencontre des français sur le terrain. Il se posait en candidat de la proximité, proche des gens et finalement ce positionnement me semblait mieux correspondre à l’attente de nos concitoyens. Certes le personnage est sans doute moins charismatique, moins flamboyant, peut être même moins brillant mais il a l’avantage d être plus à même d’éviter un divorce entre l’opinion et ses représentants politiques. Ce que nous avons récemment appris sur la fortune de DSK me laisse penser qu’il n’était pas le mieux placé pour conduire une politique qui sera forcément placée sous le signe de l’austérité.
François Hollande devrait donc être soutenu par les autres responsables socialistes tant il semble être le candidat qui a les faveurs des sympathisants de gauche. Mais au lieu de cela, j’assiste avec sidération à l’avènement d’un front TSH (Tout sauf Hollande). Certains ayant même appelé à un rassemblement derrière Martine Aubry. Tout cela est grotesque et les mêmes qui ont manqué de clairvoyance en se rangeant derrière DSK voudraient désormais barrer à tout prix la route à François Hollande. On sait dans quelles conditions déplorables Martine Aubry a été désignée première secrétaire. Il faudra donc veiller que les primaires se déroulent dans la transparence pour que le choix du candidat PS ne soit pas entaché de fraude. Si tel devait être le cas, ce péché originel poursuivrait l’éventuel vainqueur durant tout l’exercice de son mandat.
11:32 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
09.05.2011
DSK "la Porsche tranquille"
DSK aurait-il commis un impair en empruntant une Porsche « Panamera » lors de sa dernière visite en France ? On peut s’étonner que les communicants à son service n’aient pas fait preuve de plus de vigilance. Surtout lorsque l’on sait combien l’image du Fouquet’s a collé à la peau de Nicolas Sarkozy tout au long de son mandat. Ce véhicule puissant et bling bling risque en effet de faire râler l’aile gauche du PS déjà peu encline à soutenir le patron du FMI. Je crains que l’effet soit dévastateur sur son image. Cela va conforter les clichés sur l'homme aimant profiter des plaisirs de la vie... En somme, ses opposants risquent de vouloir le faire passer pour un Sarkozy de gauche. Faute éthique : assurément non. Faute politique : sans aucun doute. J’ai le sentiment que cette petite erreur peut donc profiter à l’homme qui monte actuellement au sein du PS, à savoir François Hollande. Pendant que DSK discute avec les grands argentiers du monde, Hollande préfère s’ancrer sur le terrain et aller à la rencontre des Français. Il bosse les dossiers et arbore une mine sérieuse, presque austère qui correspond peu ou prou à ce qu’attendent les Français de l’homme (ou de la femme politique) qui les représentera lors du prochain quinquennat. Ainsi, je ne sais pas pourquoi mais quelque chose me dit que les primaires au PS ne sont pas jouées d’avance et qu’une surprise Hollande n’est pas à écarter. Au-delà de l’erreur de style de DSK, je crois qu’Hollande est plus à même de rassembler les français déçus de l’Europe et de la Mondialisation. De par ses fonctions, DSK incarne l’élite mondialiste qui impose la rigueur et la souffrance aux peuples.
Si pour ma part, mon choix est celui de François Hollande, c’est parce que j’ai le sentiment qu’il est mieux en phase avec les Français et finalement le mieux à même à recréer un peu d’espérance dans notre pays... Ce n’est pas pour rien qu’il est perçu par une majorité de sympathisants français comme le meilleur héritier de François Mitterrand.
Si mon choix s’oriente vers l’ex premier secrétaire du PS, ce n’est donc pas parce que DSK a roulé en Porsche. Cela ne me gêne pas plus que la soirée de Sarkozy au Fouquet’s. C’est avant tout par que j’ai l’intime conviction qu’il a travaillé concrètement sur un projet et que son positionnement réaliste au sein du parti me plaît. Il a annoncé la couleur : il ne sera pas l’homme providentiel mais celui qui se retroussera les manches pour essayer de sauver le pays de la ruine qui le guette.
21:35 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
05.05.2008
Lettre à mes amis socialistes
Il y a maintenant un peu plus d'un an, Nicolas Sarkozy remportait l'élection présidentielle avec une avance assez confortable sur Ségolène Royal. Dans les premières semaines l'euphorie a été de mise tant chez nos concitoyens que dans l'ensemble des grands médias. Puis le vent a quelque peu tourné et aujourd'hui les mêmes qui dressaient des lauriers au nouveau président sont devenus ses procureurs. Il est vrai qu'entre temps les sondages sont devenus moins bons et que nombre de Français ont exprimé une certaine déception. Déception qui se traduit dans les sondages depuis plusieurs semaines mais aussi et surtout dans les résultats des dernières élections municipales. Militante socialiste à Lyon j'ai vu de près la grogne de très nombreux électeurs déçus par le bilan de ces douze premiers mois. Mais en discutant avec ceux ci j'ai eu le sentiment que c'était davantage le style présidentiel ou le mode de gouvernance que l'on critiquait plutôt que sa volonté de mettre en oeuvre des réformes. J'ai toujours émis des réserves sur les critiques parfois archaiques émises par les socialistes sur la suppression des droits de succession ou encore la réforme des régimes spéciaux de retraite. J'ai eu assez tôt l'intuition que les classes moyennes n'étaient pas hostiles à ces mesures qui les visaient. N'oublions pas que ces dernières sont sollicitées de toute part et qu'il n'y avait rien de scandaleux de vouloir les encourager. Ce sont les forces vives de la nation et il n'est de l'intérêt de personne de vouloir les décourager. La tentative faite par certains de nos responsables de les assimiler "aux riches" avec un air de mépris est à mon sens une erreur politique. Il serait temps que certains de nos responsables fassent leur "révolution culturelle " et cessent à l'instar de François Hollande de considérer comme riche les ménages gagnant plus de 4 000 euros ou tout simplement les Français propriétaires de leur appartement. je crois que si un jour la gauche veut à nouveau exercer des responsabilités au niveau national il faudra qu'elle modernise quelque peu son discours. D'ailleurs ce que j'écris est confirmé par une étude d'Opinionway laquelle est publiée dans le Figaro d'aujourd'hui. Il en ressort que si les Français désapprouvent la manière dont Nicolas Sarkozy dirige la France, ceux -ci expriment leur accord avec plusieurs des réformes engagées dont le fameux paquet fiscal. Surprise de taille, la fameuse suppression des droits de succession qui a tant fait jaser dans nos rangs est approuvée par deux tiers des électeurs de Ségolène Royal. Je tiens donc à attirer l'attention de nos responsables que si leus discours et leurs idées continuent d'être en décalage avec le pays réel, il risque fort d'y avoir de nouvelles et cruelles désillusions. Il est temps que la gauche pense à changer de disque dans la foulée de ce que Ségolène Royal avait commencé à faire. Aujourd'hui un responsable comme Manuel Valls me semble le mieux à même d'engager les indispensables réformes qui feront que notre parti sera à même d'exercer à nouveau des responsablités nationales.
19:54 Publié dans Mon regard sur le monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
28.04.2008
Lyon au tableau d'honneur
Lyon fait partie des villes où l’on vit le mieux en France. C’est ce qui ressort de l’enquête réalisée par l’hebdomadaire le Point. Notre ville obtient même la troisième place générale derrière Nantes et Toulouse mais loin devant Paris, Marseille mais aussi Montpellier. Un résultat qui n’étonnera pas les lyonnais qui ont vu leur ville s’embellir et se métamorphoser au cours de ces dernières années. Nous sommes désormais à des années lumière des clichés qui présentaient notre ville comme austère et quelque peu « provinciale ».
Un état des lieux qui explique après coup pourquoi la campagne négative de Dominique Perben n’a convaincu personne et surtout pas les lyonnais. Le journal explique l’attractivité des grandes villes auprès des citoyens par le fait qu’elles sont devenues les principaux foyers d’innovation sociale et culturelle. Et de poursuivre que les habitants y affluent, les entreprises y investissent et que le tourisme urbain s’y développe. Des caractéristiques que l’on retrouve bien évidemment dans notre bonne ville qui a souvent été citée en exemple ces dernières années pour des réalisations plébiscitées par ses habitants. Je pense notamment aux berges du Rhône et à Vélo’v qui témoignent de sa volonté de développer les modes de déplacement doux et de privilégier le cadre de vie. Pour établir ce classement, le Point a choisi une dizaine dix thématiques parmi lesquelles le logement, l’économie, l’activité et les investissements ou encore la sécurité routière. Notre ville obtient une excellente seconde place dans sa capacité à attirer les investissements étrangers. Elle obtient la quatrième place, loin derrière Paris, en terme de richesse par habitants avec un impôt moyen sur le revenu de 3 303 euros. Nul doute que la ville attire toujours de plus en plus de cadres et qu’il conviendra de veiller à continuer une politique du logement qui favorise la mixité sociale. Cette vitalité ne doit en aucun cas conduire à l’exclusion des plus modestes. Si ce classement est largement positif il y a cependant quelques points noirs avec le logement dont les prix ont sensiblement augmenté ces dernières années. Mais la crise immobilière qui semble se dessiner pourrait quelque peu inverser la tendance. Enfin des efforts restent à accomplir en matière de délinquance où la ville se classe 99ème et de sécurité routière où elle obtient une modeste 49ème place. Le développement à venir des transports en commun et la réduction de la place de la voiture au cœur de la ville devrait contribuer à améliorer sensiblement ce classement. Toujours est-il que Lyon est une ville très attirante puisque selon les estimations l’agglomération devrait accueillir 300 000 nouveaux habitants dans les quinze ans à venir !
15:15 Publié dans Lyon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31.01.2008
Kerviel met ko la société générale
Ce jeune trader de 31 ans vient en effet de mettre ko la Société Générale en faisant perdre à la banque française la modeste somme de 5 milliards d'euros. Cela représente plus de deux fois le budget d'une colllectivité comme la Région Rhône-Alpes ou encore le tiers de ce que l'on a appelé le paquet fiscal de Nicolas Sarkozy. L'étendue des profits qu'aurait dû faire la banque au logo rouge et noir montre qu'il y a beucoup d'argent en France même si les caisses de l'Etat sont vides. On ne peut qu'être pris de vertige devant des sommes aussi gigantesques qui peuvent s'évaporer aussi facilement. Le système financier semble ainsi montrer ses limites et après la crise des subprimes cela commence à faire beaucoup. Toujours est il que je n'oublierai pas la mine déconfite du PDG de la Société Générale lorsqu'il a annoncé ce fiasco aux français ébahis. Comment accepter de tels dérapages alors que l'on se fait rappeler à l'ordre pour le moindre incident bancaire ? J'espère que ce PDG que beaucoup décrivaient comme hautain et donneur de leçons saura revenir à davantage de modestie. Qu'un jeune trader décrit comme presque médiocre ait pu mettre à genoux une des plus grandes banques de l'hexagone ne manque pas de sel. Comment a t'il pu déjouer les contrôles ?N'avait-il pas l'assentiment de ses supérieurs tant qu'il gagnait de l'argent ? Dans le compte rendu de son audition publié par le Monde il a eu une expression amusante : "pas vu, pas pris, pris, pendu". Il a également expliqué qu'il n'était pas le seul à agir de la sorte. D'ailleurs son frère a été renvoyé d'une banque pour avoir agi de la sorte mais dans des proportions moindres. Il y a là comme une tradition familiale. Toujours est-il que ce laxisme est désolant pour l'ensemble des milliers de salariés de la Société Générale qui ont su hisser leur banque au firmament de la finance. Quelle désolation pour eux. Je partage leur tristesse en pensant que leurs efforts ont été sacrifiés sur l'autel de la spéculation et que désormais la Société Générale est à la merci d'un prédateur. Aujourd'hui cette banque dont la capitalisation boursière a fondu comme neige au soleil est opéable. Et derrière cela il y a un risque énorme de licenciements. Une fois encore la spéculation folle a pris le dessus. Aujourd'hui on a le sentiment que plus personne ne maîtrise grand chose et que nous risquons d'aller dans le mur. Ne laissons pas la spéculation dictée notre avenir. Souvenons-nous sur quoi a débouché la crise de 1929. Soyons vigilants et agissons pour que l'économie réelle prenne le pas sur l'économie virtuelle.
21:20 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note







