30.10.2007
Quand le Président défend son pouvoir d'achat...
Le pouvoir d'achat est un souci pour beaucoup d'entre nous. C'est aussi une préoccupation de premier ordre pour le président de la République. A l'heure où l'on mégote sur la revalorisation des salaires des fonctionnaires, Nicolas Sarkozy propose qu'on l'augmente d'environ 140%. Son salaire se rapprochera ainsi de celui de son Premier ministre et de ses homologues européens. Remercions le président de ne pas s'être mis en grève pour obtenir cette juste revalorisation. Il aurait été cocasse de le voir rejoindre le cortège des mécontents : cheminots, gaziers, personnels d'Air France...Toujours est il que Nicolas Sarkozy doit estimer qu'il travaille davantage que Chirac et mérite un salaire plus conséquent. Il ne fait que s'appliquer à lui même la promesse électorale "Travailler plus pour gagner plus".
En dehors de ces traits d'humour, il n'est pas vraiment scandaleux que le président de la République française perçoive une rémunération proche de celle de ses collègues européens. En l'occurence il touchera un salaire légèrement inférieur à celui d'Angela Merkel, la chancelière allemande. Même avec cette revalorisation son salaire restera encore bien inférieur à celui de cadres supérieurs de grands groupes industriels. Et pourtant ses responsabilités sont sans aucun doute plus importantes. Cependant si sur le fond cette mesure se défend je crois que le moment choisi pour la mettre en oeuvre n'est pas opportun. Cette décision risque de paraître aux yeux de l'opinion publique comme un fait du prince difficiement acceptable au moment même où l'on demande au plus grand nombre de faire des sacrifices. Je crois qu'une telle mesure aurait pu attendre la fin des conflits sociaux en cours et être étalée dans le temps.
Sinon il aurait peut-être été plus judicieux d'annoncer en même temps que cette augmentation la suppression du poste de premier Ministre. Une telle mesure serait presque passée inaperçue tant le président semble cumuler les deux fonctions. Et cerise sur la gâteau : l'augmentation salariale du Président n'aurait pas coûter un centime d'euro au contribuable.
21:40 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
24.10.2007
Amérique : terre de contrastes
C'est avec un grand plaisir que je vous retrouve au retour de mon voyage aux Etats-Unis. J'ai eu la chance de parcourir l'ouest américain et comme promis je viens vous livrer quelques unes de mes impressions sur ce magnifique mais paradoxal pays. Pays magnifique en effet. je ne suis pas prête d'oublier la beauté des paysages mythiques de l'Arizona, du Névada ou encore de la Californie. Quel enchantement de pouvoir se promener au bord du grand canyon ou encore de traverser la vallée de la mort en écoutant de la country musique. La beauté sauvage de ces sites obligent à une certaine humilité. Mais bien évidemment l'Amérique c'est aussi autre chose que des paysages. c'est comme je le dis dans mon titre un pays très contrasté. Quoi de commun en effet entre les habitants des quartiers superficiels de Beverly Hills et les indiens navajos sans doute plus authentiques qui peuplent les contrées sauvages et désertiques du grand ouest ? C'est vrai les américains ne constituent pas un peuple monolithique. J'ai pu voir d'un côté une amérique conservatrice, religieuse et pro Bush comme j'ai pu voir de l'autre côté une amérique cosmopolite, tolérante et ouverte sur le reste du monde. J'ai observé avec un amusement certain l'amérique grassouillette qui fréquente les fast-food et s'abreuve de coca-cola mais aussi celle qui frime sur les plages branchées du Pacifique. Il y a d'un côté une amérique où tout semble facile et évident et de l'autre une amérique qui rame. Quelle surprise pour moi de voir tous ces septuagénaires travaillés d'arrache pied. Manifestement les retraites ne doivent pas être confortables pour tout le monde. Je n'oublierai jamais le visage fatiguée de cette vieille femme travaillant de nuit comme caissière dans un casino de las Vegas, la ville de l'argent et du vice comme disent eux-mêmes les américains. Las Vegas ville de tous les excès avec des casinos ouverts 24 heures sur 24. Etonnant cette ville encerclée par des Etats puritains où il est par exemple très difficile de se procurer de l'alcool.
Ce voyage m'a aussi permis de discuter un peu de politique avec des locaux. Un chauffeur de taxi très content d'échanger avec des Français nous a expliqué que désormais les américains semblaient avoir compris que la politique de Bush les conduisait à l'impasse et notamment sa politique extérieure. Beaucoup d'américains sont fatigués du coût exorbitant de la guerre en Irak. Si je n'avais pas eu peur de le vexer je lui aurai dit qu'il était temps. Il a même ajouté que certains de ses compatriotes regrettaient même de ne pas avoir tenu compte des avertissements de la France sur les risques liés à cette aventure militaire. D'autres m'ont expliqué qu'ils regrettaient d'avoir voté Bush et espéraient que le prochain Président (ou présidente) saurait les sortir de l'impasse. Certains souhaitent également la mise en oeuvre d'une politique plus équilibrée au Proche et au Moyen-Orient. Ces discussions ont été l'occasion pour moi de découvrir des américains plutôt francophiles et j'avoue que cela a été une surprise pour moi. J'ai tellement vu de reportages ou d'émissions expliquant que les habitants de ce pays nous étaient hostiles. je pense qu'il y a une grande part d'exagération dans tout cela. Ainsi partout où nous sommes allés, l'accueil a été particulièrement chaleureux. Bien des américains nous ont même expliqué que le pays d'Europe qu'ils avaient le plus envie de visiter était la France, notamment pour sa culture, son art de vivre ou encore sa gastronomie.
J'ai aussi une anecdote amusante à vous livrer au moment même ou la France vient d'adopter sa loi sur l'immigration. j'ai en effet été étonnée par la situation d'un "clandestin français" installé aux USA sans carte verte et qui a monté sa propre affaire. Personne ne lui dit rien. Seule restriction : rester aux USA sous peine de ne pas pouvoir y revenir s'il décidait par exemple de passer quelques jours en France.
Mais avant de conclure, je tiens à vous faire part de mon coup de coeur : San Francisco. J'ai été éblouie par la beauté quelque peu mystique de cette cité surplombant l'océan pacifique. Il y aussi peut être dans cette ville une dimension tragique liée sans doute à son histoire et au terrible tremblement du début du siècle. la population semble parfois danser sur un volcan et croquer la vie à pleine dent sans se soucier outre mesure du lendemain. Une philosophie de la vie somme toute assez éloignée de la nôtre. Mais les gens là bas m'ont paru très attachants tant ils sont hospitaliers, positifs et dynamiques. Il règne dans cette ville une atmosphère que l'on ne retrouve pas ailleurs. Ainsi un jeune français qui s'est installé là bas m'a expliqué que pour rien au monde il ne quitterait cette ville qu'il considère comme la plus belle au monde. Voilà c'était mon coup de coeur et bien sûr il n'engage que moi.
Je vous avais promis de vous faire part de mes observations et de mes étonnements. Voilà qui est fait. Je vous propose quelques photos pour les agrémenter.
20:45 Publié dans Mon regard sur le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.10.2007
en déplacement chez l'oncle Sam
Chers ami(e)s,
Je tiens à vous remercier pour l'attention que vous portez à mon blog ainsi que pour la qualité de vos analyses. Vous avez déjà été plus de 6 000 à me rendre visite et ce chiffre ne peut que m'encourager à continuer à vous faire part de mes observations parfois naïves parfois désabusées sur des sujets qui me tiennent à coeur. Je souhaite que ce blog continue à être un lieu d'échanges et de convivialité. Je resterai muette pendant une dizaine de jours pour cause de voyage d'agrément aux Etats-Unis. J'avoue être fort impatiente de découvrir ce pays plein de paradoxes. Autant que faire se peut je m'emploierai à prendre un maximum de notes sur tout ce qui a pu m'étonner afin de vous livrer mes impressions dès mon retour. Bien sûr il ne s'agira que d'un point de vue subjectif d'une simple citoyenne française.
A très bientôt.
10:39 Publié dans Mon billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
05.10.2007
ADN et immigration
C'est fait. Les sénateurs viennent d'adopter par 188 voix contre 135 le projet de loi Hortefeux sur l'immigration. Et dans ce texte figure la fameuse disposition permettant de faire appel aux tests ADN pour s'assurer de la légitimité des demandes des candidats au regroupement familial. Une mesure qui partage les Français puisque selon un sondage publié aujourd'hui 47% l'approuvent et 45% la rejettent.
Il est vrai que la maîtrise des flux migratoires était l'un des engagements du candidat Sarkosy et il faut bien admettre que cette question préoccupe nombre de nos concitoyens. Comme beaucoup j'ai parfaitement conscience qu'un pays comme la France n'a pas la possibilité d'accueillir sur son territoire tous ceux qui le désirent. Une immigration massive et incontrôlée serait même de nature à remettre en cause la stabilité de notre société. L'adhésion aux valeurs fondatrices de la république n'allant pas toujours de soi pour des hommes et des femmes issues de sociétés où la place de la religion est prédominante. Je pense notamment à la laîcité ou à l'égalité des hommes et des femmes.
Mais l'intégration passe par la possibilité pour ceux qui ont rejoint légalement notre pays de faire venir leur femme et enfants dans des conditions dignes. Recourir aux tests ADN constitue une atteinte à la dignité des personnes dans la mesure où cette pratique est principalement utilisée pour permettre l'identification des criminels. C'est quelque part une marque de défiance qui ternit l'image d'une nation perçues habituellement comme ouverte et accueillante. J'ai même peur que cette mesure envoie un signal négatif de nature à freiner l'intégration, voire à renforcer le communautarisme. Une dérive qu'il faut éviter à tout prix.
Reste à suivre attentivement la manière dont la commission mixte paritaire va discuter le texte du Sénat.
18:10 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.10.2007
Droite : l'éternel retour ?
Et si la droite avait trouvé la "formule magique" pour rester ad vitam à l'élysée. C'est la réflexion qui m'est venue à l'esprit en entendant Dominique de Villepin, invité de Canal Plus, critiqué assez durement Nicolas Sarkozy et sa politique. Certains de mes amis trouvent cela amusant et pour tout dire profitable à la gauche. Pour moi rien n'est moins sûr. En effet n'avez vous pas l'impression que si Dominique Villepin s'affiche en principal opposant de sa majesté c'est sans aucun doute pour essayer de se positionner comme une force alternative de droite en 2012 ? En fait Villepin applique la recette qui a si bien fonctionné avec Nicolas Sarkozy. Une recette assez simple. Un leader de la droite après l'élection de l'un des siens, endosse les habits de principal opposant tout au long du quinquennat et prive ainsi d'espace l'opposition de gauche. Ensuite quand les échéances électorales se précisent il s'emploie à incarner aux yeux du bon peuple une alternative crédible à droite. S'il a le même toupet que Sarkozy 1er, il pourra même se prétendre être le candidat de la rupture de la rupture. La ficelle peut sembler grosse mais cela pourrait fort bien marcher. En tout cas pour la droite cette stratégie a l'avantage de lui permettre de rester aux commandes. Et c'est sans doute pour cela que de Villepin joue ce rôle. Au bout du quinquennat deux hypothèses sont à envisager. Soit les Français sont satisfaits de Nicolas Sarkozy et le reconduisent triomphalement. Soit ils sont mécontents et cèdent aux sirènes d'un Dominique de Villepin. Le hold-up parfait ! Résultat des courses : une gauche une nouvelle fois évincée.
Ces craintes sont peut être infondées mais cela me conforte dans l'idée que la gauche devra rapidement régler son problème de leadership pour être audible auprès des Français et ne pas se laisser ravir la place d'opposant numéro 1 par un usurpateur même si ce dernier n'est pas dénué de talents.
19:25 Publié dans Mon billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
01.10.2007
Un socialiste à la tête du FMI
Voilà qui a de quoi étonné. Un socialiste à la tête d'une institution plus connue pour son penchant libéral que socialiste ou même social-démocrate. On sent que derrière les félicitations de nombreux responsables du parti socialiste se cache une certaine gêne. Doivent-ils ou non se féliciter de l'élection de l'un des leur à une institution dont les politiques ont parfois créer des troubles sèvères dans de très nombreux pays notamment en Amérique du sud ? Qui plus est cette candidature avait été appuyée par le Président Nicolas Sarkozy. D'autres semblent se réjouir du succès de Dominique Strauss-Kahn mais sans doute avec certaines arrières pensées pas très difficiles à deviner. Ils anticipent un retrait de DSK de la scène politique nationale. Ont-ils raison ? Pour l'heure cela semble difficile à dire tant il est difficile d'écrire des scénarios cinq ans à l'avance.
Mais est-ce cela le plus important ? La famille socialiste devrait se féliciter de voir l'un des siens enfin remporter une élection importante. Cette consécration est bien la preuve que le PS a des femmes et des hommes de qualité dont la compétence est reconnue universellement. Pour ma part je me réjouis qu'un homme de gauche préside le FMI tant il est urgent de réformer en profondeur cette institution qui s'est discréditée auprès de nombreux pays notamment les plus pauvres. J'ai entendu tout à l'heure Dominique Strauss_Kahn sur France 2 et je crois qu'il est véritablement sincère dans sa volonté d'ouvrir l'institution aux pays émergents. Crée en 1944, le FMI n'a pas encore véritablement pris en compte l'émergence des nouvelles puissances comme la Chine, l'Inde ou le Brésil. A mon sens, la mission la plus urgente du nouveau patron du FMI consistera à convaincre les Etats-Unis, premiers actionnaires du Fonds, de l'urgence de mener à bien une profonde réforme des modes de gouvernance.
Cette mission ne sera pas de tout repos et nécessitera de la part de DSK une énergie de tous les instants. Dans ces conditions on imagine mal qu'il puisse à la fois se consacrer à cet enjeu d'importance et préparer dans le même temps les présidentielles de 2012. Cependant s'il réussisait dans sa tâche et si d'ici là la gauche ne parvenait pas à régler ses divisions internes il y a fort à parier que Dominique Strass-Kahn pourrait apparaître comme un recours.
Mais pour l'heure contentons nous de lui souhaiter bonne chance dans ses nouvelles fonctions.
20:50 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note







