02.11.2007
le baril de pétrole à 100 dollars, chic !
Et si la hausse continue du baril de pétrole était une chance plutôt qu'une catastrophe ? Le seuil symbolique des 100 dollars devrait être prochainement franchi. Les raisons de cette flambée sont à la fois structurelles et conjoncturelles. Stucturelles notamment du fait de la croissance économique soutenue de pays émergents comme la Chine et l'Inde. Conjoncturelles du fait des tensions entre la Turquie et l'Irak sans compter une éventuelle intervention américaine en Iran. Alors me direz vous en quoi cette hausse vertigineuse peut être une chance? Tout simplement parce que cette nouvelle donne va renforcer la position de tous ceux qui considèrent que notre modèle économique ne peut plus être basée sur la seule croissance.
Nous savons tous désormais que si chaque humain consommait comme un américain il faudrait pas moins de trois planètes. Imaginez 5 minutes que tous les Indiens et les Chinois adoptent le même mode de vie que l'américain moyen. Le résultat serait catastrophique en terme de réchauffement climatique. Cette hausse du pétrole peut être bénéfique dès l'instant où elle favorisera de nouveaux comportements : achats de voitures moins voraces, développement des transports collectifs, ferroutage... Ne doutons pas que plus l'énergie sera chère moins il sera judicieux d'aller faire fabriquer des produits à l'autre bout du monde pour ensuite les rapatrier. Peut être que les effets conjugués du réchauffement climatique et du renchérissement du pétrole démontreront les limites de la mondialisation.
Cette hausse pourrait donc avoir des vertus en accélérant le changement de nos comportements et en renforçant les positions de ceux qui veulent voir l'ensemble des gouvernements agir de façon "énergique" et concertée. Cette nouvelle donne après le livre d'al Gore sans parler des récents incendies en Californie pourrait provoquer une réelle prise de conscience chez nos amis américains. Ainsi le gouverneur de Californie, républicain, a reproché à l'administration Bush de sous estimer les questions du réchauffement.
En France, j'ai entendu de nombreuses personnes expliquer que le jour où l'essence serait à 1,50 euros elles utiliseraient moins leur voiture. C'est une bonne nouvelle. Il faudrait aussi et surtout que désormais le transport des marchandises se fasse davantage par rail que par route. Un baril à 100 dollars devrait renforcer le fret SNCF et c'est tant mieux si l'on voit moins de camions sur les autoroutes.
C'est pour l'ensemble de ces raisons que j'aurais presque envie de dire : vivement un baril à 200 dollars....
21:35 Publié dans Mon billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note








Commentaires
Bonsoir.
J'ai le regret de vous dire que le chemin de fer va disparaître !
Que ces hausses de prix du baril n'empêcheront pas l'économie de tourner, par contre les plus faibles ne pourront plus se déplacer (les élites pourront encore utiliser l'avion moyennent 10 000 euros le billet pour tranverser l'Atlantique, pareil pour les voitures).
Au programme ? La fermeture de 262 gares FRET SNCF en novembre 2007 ! La casse du statut des cheminots pour les faire fuir en masse afin qu'il n'y ait plus assez de personnel pour précipiter les dessertes de chemin de fer de banlieue et TER dans le rouge ! Que tout s'effondre !
Et tout va très vite ! La part de la route a quasiment triplé pour les marchandises depuis 1980 (301 gigatonnes.km de marchandises transportées par camions en 2004), pendant ce temps le chemin de fer perdait 30% de son trafic fret !
Le réseau ferroviaire vieillit mal, les infrastructures en ville sont sous-dimensionnées, des travaux d'ampleurs auraient dû être envisagés, il est déjà trop tard, car il faudra aussi du pétrole et de l'acier pour construire, etc.
Les lignes UIC 7 à 9 sont en train de pourrir, soit 13 000 km du réseau ferroviaire français. RFF qui a hérité de la dette de la SNCF (des milliards d'euros suite à l'investissement fait à 100% sur ses deniers pour la construction de la première ligne TGV Paris-Lyon ouverte en 1981) est mal en point et fait flamber le coût des péages ce qui se ressent et fait fuir le fret à la route et fait flamber le coût des billets pour les voyageurs ou les régions !
Voilà le palmarès, non le pire est à venir ! Profitez du moment présente avant la guerre civile que provoquera la flambée des matières premières depuis le blé jusqu'au baril en passant par l'acier ou le lait !
Écrit par : Tanguy | 03.11.2007
Si vous proposez ce billet original et intéressant à www.agoravox.fr, il sera problablement publié.
Écrit par : TALL | 03.11.2007
Bonjour, dans votre analyse, intéressante, il manque me semble-t-il un élément. le déficit structurel de l'offre.
De nombreuses raisons conduisent à penser que le pic de pétrole tous liquides est juste devant nous. *Le Petrole tous liquides comprend la production mondiale de petrole conventionnel, le pétrole extra-lourd, liquides des gaz naturels, gains de raffinerie et petroles synthetiques a partir de la biomasse (BTL), du charbon (CTL) et du gaz (GTL)
Et que le pic de pétrole conventionnel est passé depuis un an peut-être.
Le pic constate l’apogée et le début du déclin de la production.
1) De nombreux pays producteurs ont atteint leur pic : En 2005, selon la compagnie Chevron sur les 48 principaux pays producteurs, 33 sont en déclin confirmé. Ainsi, entre 2000 et 2005, le Mexique (5ème producteur mondial), le Danemark, le Yémen, le Pakistan, le Congo, Oman, la Norvège (3ème exportateur mondial), et l’Australie sont entrés en déclin.
Brunei, la Chine, la Malaisie, et l’Inde, dont la production se maintient sur un plateau (soit un pic étalé) depuis plusieurs années, sont en passe de basculer dans la phase de déclin.
2) la production mondiale n’augmente plus. Selon les données de l'EIA En mai 2005, la production de pétrole brut est à 74298 mb/j (milliers de barils par jour).
En juin 2007, la production est à 72823 mb/j. La production mondiale de pétrole brut a décliné en moyenne annuellement de 700 mb/j ou de 0,95%/an entre mai 2005 et juin 2007.
3) A la différence des crises précédentes, l’augmentation sans précédente du prix du pétrole n‘est pas la conséquence d’une baisse de la production. Elle résulte en partie d’une difficulté d’approvisionnement consécutive à la stagnation de la production, des problèmes de raffinage et l’augmentation de la consommation.
La survenance du pic aura pour effet une grande volatilité du prix même si à long terme, ils monteront. Tout simplement parce que, même s'il y a une certaine inélasticité de la demande par rapport à l'offre en la matière, la récession économique qui pointe à l'horizon et que la montée de toutes les matières premières (car le phénomène haussier ne se limite aux seuls hydrocarbures) ne fera qu'accentuer, détruira en partie la demande (dans les pays pauvres d'abord mais ensuite également en chine et en inde car leur marché intérieur ne sera pas suffisant pour absorber les effets de la crise économique affectant les pays consommateurs) et donc fera tomber la demande un peu en dessous de la capacité d'offre.
De plus, le prix du baril est en partie spéculatif. la destruction de la demande conduira à un phénomène d'anticipation des traders sur les marchés et permettra d'accélérer une baisse de la demande.
Une telle baisse sera évidemment passagère.
En fait, je crois que le pic de pétrole conventionnel est derrière nous mais pas le pic tous liquides. Pour moi, si le premier pic est survenu et le second assez proche, ni l'Opep ni la Russie n'auront les moyens suffisants de façon durable de mettre sur le marché la production excédentaire de nature à détendre le marché et assouplir le choc. Donc de deux choses l'une :
1) L'Opep et la Russie ont la capacité de mettre sur le marché disons 1MB/J supplémentaire. Dans ce cas, cette situation aura un double effet physique et psychologique : elle détendra les marchés et les spéculateurs et fera baisser le prix de façon légère (à 85 dollars par exemple)
2) L'Opep et la Russie n'ont pas la capacité de mettre sur le marché avant la fin de l'année cette capacité supplémentaire. Dans ce cas, le marché restera tendu et toute absence de bonne nouvelle (climat un peu froid en hiver, tension au moyen -orient) pourra emporter le baril dans un premier temps jusqu'à 150 dollars. A partir de là, l'effet conjugué des prix de l'énergie et les effets de la crise économique des subprimes détruira la demande et conduira à une baisse des prix qui pourrait être aussi brutale que la crise elle-même.
Écrit par : tolosa | 03.11.2007
imposer un partenariat entre les camions et les ligne de train..
Écrit par : dubois | 04.11.2007
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